Un drôle de mot

Avez-vous remarqué que lorsqu’on se met à chercher quelque chose, on trouve souvent autre chose que ce que l’on cherchait initialement ? On cherche son passeport partout et on trouve par hasard son journal intime du noviciat. On entre dans la vie religieuse pour chercher la perfection et on découvre ses défauts et failles multiples mais aussi la gratuité du salut ... Cette réalité de trouver autre chose que ce que l’on cherche porte un joli nom : la SERENDIPITE. Et les exemples de sérendipité sont nombreux dans l’histoire. Christophe Colomb cherche les Indes et il découvre l’Amérique. Mademoiselle Tatin veut faire une tarte et enfourne les pommes en oubliant par étourderie de mettre la pâte. Vite, elle rajoute la pâte par-dessus : la tarte tatin est née. Au retour de ses vacances, le savant Fleming s’aperçoit que les microbes qu’il étudiait ont disparu. Des moisissures développées malencontreusement les ont détruits. Ces petites « saletés » sont en fait la pénicilline. Cet événement marque un pas de géant dans la médecine.

Les grandes découvertes se font souvent « par hasard », malgré nous … Le regard croyant y voit l’activité de la grâce. Les grandes avancées de notre vie ne sont pas toujours le fruit de nos efforts, mais l’effet de la grâce qui profite de nos oublis, étourderies, et même de nos erreurs. « Bienheureuse faute ! » avons-nous chanté dans l’Exultet de la veillée pascale.

Voilà une façon de vivre l’abandon à la Providence : chercher avec persévérance et consentir à trouver autre chose que ce que l’on espérait. N’est-ce pas l’exercice de toute une vie ?


Sr Anne Chapell - Angelica n°35 - Mai 2017



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