Reflets !

Notre vie quotidienne est envahie par les images, en particulier celles qui nous viennent à travers les écrans : ordinateurs, télévision, panneaux publicitaires … L’image a un pouvoir de fascination immense, et un impact très fort sur notre imaginaire. L’image séduit, alors que l’adhésion au livre, au discours naît de la conviction, de l’argumentation. Nous sommes passés, en quelques décennies, d’une société de la conviction à une société de la séduction.

Regardons le domaine de la politique. Les arguments – qui demandent un effort et une réflexion pour être compris – lassent et ne suscitent plus notre intérêt. Par contre, l’image de puissance et de richesse que renvoie un Donald Trump séduit une grande partie de l’électorat. Il ne s’agit plus de convaincre (par l’intermédiaire du texte) mais de séduire (par l’immédiateté de l’image).
Séduire le consommateur qui défile entre les rayons du magasin par un emballage attrayant et tape-à-l’œil. Même les réseaux sociaux comme Facebook invitent à poster des photos qui renvoient une image flatteuse de soi.

Dans quelle mesure ne sommes-nous pas aussi préoccupées de l’image que nous renvoyons, en tant que Congrégation, en tant que religieuse, en tant que personne ? Nous avons parfois mis des années à construire une image de nous-mêmes, une image flatteuse que les autres nous renvoient, ou tout simplement une image qui nous a permis de tenir notre place dans le monde. Parfois, au contraire, nous sommes prisonnières d’une image que nous n’avons pas voulu donner, que notre histoire a façonnée et qui ne correspond pas vraiment à la personne que nous sommes. Il nous faut alors, en des temps de vérité, passer devant un miroir qui nous rappelle notre vrai visage et oser nous montrer aux autres sans masque.

Ce miroir authentique n’est autre que le regard du Christ qui nous révèle, dans le très fond de notre cœur, qui nous sommes vraiment. Alors, nous ne sommes plus préoccupées de notre image. Seulement préoccupées de refléter Celui qui est le centre de notre vie : le Christ. Lui qui n’est pas une image trompeuse, mais l’icône fidèle du Père. En ce 2 février où nous fêterons la Vie consacrée, demandons la grâce de nous libérer des images qui cherchent à séduire, pour devenir des icônes vivantes qui reflètent, jour après jour, la tendresse et la miséricorde du Père.


Sr Anne Chapell - Angelica n°32 - Février 2017



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