Envoyées en communautés

       Nigéria

Le Nigéria est un pays de l’Afrique de l’Ouest. Dans son fonctionnement politique, il est divisé en 36 états qui travaillent en fédération. Chaque état est dirigé par un gouverneur, selon le modèle politique des Etats-Unis d’Amérique.

Nous, Sœurs du Sacré-Cœur de Jésus, résidons dans l’Etat de Bayelsa qui a pour capitale Yenagoa, situé au Sud-Ouest du Nigéria. Cet Etat a été créé en 1991. C’est donc un jeune Etat. Il est constitué en majorité des émigrants et des fonctionnaires venant des autres états nigérians. Le sous sol de l’Etat de Bayelsa est riche ; Imiringi, où nous habitons, est une zone pétrolifère.

En ce qui concerne les saisons, contrairement au Nord Cameroun, la pluviométrie est dense : 7 mois de pluies et 5 mois de sècheresse. La population est constituée de paysans et de commerçants. Sur le plan religieux, c’est un peuple croyant ; réparti dans de nombreuses Eglises.

Nous essayons de nous y insérer depuis le 13 octobre 2015.



Nous sommes arrivées ici à 4 : sœur Marie-Françoise Danet, sœur Sylvie Kainda Lao et sœur Pauline Maïdawé, accompagnées par sœur Marie-Françoise Naël, supérieure régionale du Cameroun, venue spécialement pour l’installation de la première équipe.

Depuis l’aéroport de Port Harcourt où nous avons atterri, le voyage nous a paru long. Le lieu initialement prévu à Yenagoa n’a pu être retenu pour plusieurs raisons. Cependant, rien ne nous empêchait de croire et de faire confiance en nous laissant aller vers l’inconnu.
Nous sommes arrivées à Imiringi, un village à environ 20 mn du Centre-ville, dans une maison complétement vide. Il y avait juste 4 matelas posés sur le sol dans une chambre !
Ne possédant pas suffisamment la langue, nous avons tout de même fini par comprendre qu’il y avait eu des difficultés financières concernant la location de la maison, le Vicariat de Bomadi étant pauvre … et que cette situation avait entraîné un changement du lieu de résidence.
En attendant que la maison louée pour un an par Mgr Hycinth EGBEBO, soit équipée, nous sommes hébergées dans la maison privée d’un prêtre diocésain originaire de ce village. Il était question d’attendre une semaine, et nous y sommes depuis trois mois.

Comment relisons-nous cette expérience au regard de la foi aujourd’hui ?

Le premier point de notre expérience nous renvoie à la définition de la foi : Croire, c’est faire confiance, s’abandonner, accepter de marcher vers l’inconnu avec plein d’enthousiasme et d’espérance de la découverte de la nouveauté. C’est une expérience qui nous a rappelé également celle de notre père d’Abraham : « Il partit sans savoir où il allait … » La seule lumière qui le guidait, c’était sa foi et sa confiance en Dieu.
Nous osons croire qu’à la suite d’Abraham, il en a été de même pour chacune de nos fondations à travers le monde. Ce qui veut dire que nous ne sommes pas les premières à vivre ce type d’expérience. Notre expérience s’inscrit dans l’histoire commune de nos devancières et cette période a été un moment fort pour penser aux anciens missionnaires.

Le second point fort de notre expérience est marqué surtout par la patience et la persévérance dans la foi et l’abandon à Dieu.
Cette expérience s’est déroulée pendant la période de l’Avent. Nous avons essayé de vivre dans le concret, les différentes étapes du Mystère de l’Incarnation : l’attente – la persévérance – la foi.
En effet, au Cameroun, nous avons attendu un mois avant de recevoir nos visas. Nous avons vécu ce temps de l’Avent, à la manière de Marie et Joseph, qui -eux non plus- n’avaient pas vécu la venue de Jésus de la manière dont ils l’avaient prévue. Cependant, nous pouvons vous assurer que pendant toute cette période, la communauté a été accompagnée par père Joseph OPELEMA à qui l’Evêque a demandé de prendre soin de nous.

A l’heure où j’essaie d’écrire ces quelques lignes au nom de la communauté, les choses ont évolué et ont bien changé.

Le 30 décembre 2015, nous avons rencontré Mgr Hycinth EGBEBO à Bomadi. Celui-ci, nous a réaffirmé son désir de nous accueillir dans son Vicariat Apostolique, et nous a aussi assurées de son soutien pour une vraie insertion.
Actuellement il se bat pour l’organisation de son Vicariat qui semble être assez pauvre, et nous comprenons que ce qui manquera à l’équipement de la maison nous le compléterons par nous-mêmes.


Nous vous partageons ce qui nous a aidées à tenir pendant ces trois premiers mois et continue de nous aider :
- Le soutien moral et matériel que les gens nous apportent. Nous avons régulièrement de la nourriture et diverses autres aides.
- Les gens découvrent au fur et mesure notre style de vie et se sentent proches de nous et à l’aise avec nous.
- Il y a des germes d’espérance d’avoir des vocations nigérianes. Pour plus d’efficacité, nous allons nous mettre en contact avec nos connaissances à travers le Pays et prendre tous les moyens pour nous faire connaître.
- C’est une grande chance pour nous d’avoir dès le début, l’accord de l’Evêque pour accueillir des filles.
- Le plus grand défi qui reste, c’est celui de l’insertion professionnelle. En attendant, sœur Sylvie a déjà la possibilité d’enseigner le français au Petit Séminaire d’Imiringi à partir du 11 janvier 2016. Sœur Marie-Françoise et moi-même, continuons l’apprentissage de l’anglais pour une meilleure compréhension des personnes dans le domaine de la santé et en paroisse.

Nous ne saurons terminer ce mot sans dire merci à tous les membres de la Congrégation et spécialement à celles qui ont reçu une mission spéciale de prier pour nous.

Pauline MAÏDAWE, Marie-Françoise DANET et Sylvie KAINDA LAO, sscj



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