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       3. L'amour qui abolit les distances

La visite de la Région du Cameroun au mois de mai 2014 a été l’occasion de multiples déplacements.

Déplacements géographiques tout d’abord puisque nous avons sillonné la région anglophone de l’ouest du Cameroun et le sud autour de la capitale Yaoundé (zones où étudient nos quatre sœurs) ainsi que le nord et l’extrême-nord où se trouvent nos communautés, sans oublier une prospection dans l’ouest du Nigéria pour une éventuelle implantation.

D’autres déplacements plus profonds, se sont avérés nécessaires : nouveau regard sur les priorités missionnaires, révision des implantations apostoliques et réflexion en profondeur sur la question lancinante de l’autofinancement devenue une question cruciale pour l’avenir de l’entité du Cameroun.

Parfois, certains déplacements apparaissent hors de notre portée. Pourtant, Jésus parle de la foi à déplacer les montagnes : « Si vous avez de la foi gros comme un grain de sénevé, vous direz à cette montagne : Déplace-toi d’ici à là, et elle se déplacera, et rien ne vous sera impossible » Mt 17, 21

Laissons-nous déplacer à notre tour et entendons cette métaphore d’une nouvelle façon.1 Il s’agit d’une foi, non pas tant qui soulève les montagnes mais qui abolit la distance : déplace –toi d’ici à là ! Cette allusion intervient entre deux annonces de la Passion. De quelle montagne peut-il s’agir ? On peut comprendre que c’est le Thabor, la montagne de la Transfiguration, qui se déplace au Golgotha et devient la montagne de la Crucifixion. Le lieu où Jésus a été nommé dans son identité profonde (« Celui-ci est mon Fils bien-Aimé ») coïncide, dans la foi, avec le lieu où Jésus a été englouti dans les ténèbres. Il s’agit donc de tenir ensemble lumières et ténèbres, élection et rejet, gloire et humiliation, souffrance et salut.

Celui qui vit de la spiritualité du Cœur de Jésus peut tenir ensemble la défiguration de l’être humain par l’épreuve de la souffrance et la transfiguration de la personne humaine dans son inviolable dignité qui persiste jusqu’au bout. La défiguration ne peut engloutir la transfiguration. La mort ne peut engloutir la vie. L’épreuve, si rude soit elle, ne peut absorber l’espérance. 

J’ai découvert chez nos sœurs du Cameroun une spiritualité du Cœur de Jésus « chevillée au corps ». Pas seulement parce que le vendredi y est placé sous le signe du Cœur du Christ, mais peut-être parce qu’elles sont parvenues à une vision « binoculaire » de l’existence : elles savent tenir, dans un même regard sur le réel, l’émerveillement de la foi et la douloureuse confrontation à la souffrance.

Le Cœur de Jésus est force et douceur, dans la joie comme dans la douleur. Il appelle au centre et envoie à la périphérie. Il n’y a plus de distance en lui. Il n’y a qu’un seul souci : aimer. Conjugué à un seul temps : maintenant. Que notre seul souci soit celui d’aimer, d’un amour qui abolit les distances. Que le Cœur de Jésus vienne nous l’enseigner en ce beau mois de juin qui lui est dédié.

Sr Anne Chapell - Supérieure générale (Juin 2014)

1 Maxime GIMENEZ, « Jésus face à la maladie - L’enseignement d’un Soignant à des soignants » Christus N° 242 « La vie spirituelle des soignants » (Avril 2014) pp. 191-203

 

 

 



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